Célestin Kabala : ‘‘Le journal L’Objectif a fait du bon chemin ‘’

Pierre Célestin Kabala Mwana Mbuyi, un des journalistes de renom et président de l’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC) livre à cœur ouvert, ses impressions en rapport avec la 500ème édition et la 10ème année d’existence du bihebdomadaire d’informations générales ‘’L’Objectif ‘’. Dans son témoignage, Kabala Mwana Mbuyi relève qu’au bout de ses 500ème édition, ce tabloïd  a fait du bon chemin. Il a émis le souhait de voir cet organe de presse continuer avec le même souci et le même élan.  

Kabala Mwana Mbuji : Premièrement, je tiens à présenter mes chaleureuses et sincères félicitations à la patronne du journal Gudule Bwalya et à tout son personnel, pour avoir tenu le pari, pour avoir totalisé 10 ans d’existence d’une manière régulière, et pour la publication de la 500ème édition. Ceci relève des efforts incommensurables et surtout de la volonté de ceux qui veulent faire de la RDC un pays à papier. Ce n’est pas facile dans un tel monde d’exister pendant 10 ans et d’éditer 500 numéros du journal.

Cela est d’autant plus difficile qu’il existe déjà sur le marché des journaux, ce qu’on appelle des craques et qui y sont depuis des lustres. Il existe également sur le marché une dualité sans pareil, des journaux qu’on appelle pro-opposition et pro-pouvoir. Et quand on a un ton relativement modéré et quand on a une périodique d’informations générales qui tient le coup, existe et qui se bat, il faut s’en féliciter. Un autre motif de félicitation, ce que dans le bihebdomadaire l’Objectif, on y trouve des rubriques qui mettent les gens à l’aise. L’Objectif est exceptionnel dans ce sens qu’il donne la parole aux gens qui expriment librement leurs convictions dans ce à quoi ils parlent.  Ses interviews ne sont pas colorées. Les gens que l’Objectif approche, s’expriment librement. Et cela en connaissance des causes. Il n’y a pas de couleurs dans l’approche de l’Objectif à ce point de vue. L’Objectif est également proche des faits de sociétés. On a souvent remarqué qu’il y a des faits de sociétés qui sont ordonnés, des faits réels exacts sans qu’ils ne soient accompagnés des commentaires. Et cela dans le respect du principe qui stipule que les faits sont sacrés et le commentaire est libre.  On y trouve des rubriques bien programmées et coordonnées, reprenant chaque matière à traiter, de manière à faciliter la lecture.

Je pense qu’après avoir totalisé 10 ans d’existence comme bihebdomadaire, ce périodique a gagné du terrain. Tout dépend maintenant de ses gérants, du manager du journal, à améliorer davantage la qualité sur le plan de la forme, ce qui est déjà appréciable. Mais améliorer aussi le fond pour que la société se retrouve totalement, et que même si dans notre pays les gens n’ont pas un pouvoir d’achat capable de s’acheter un journal à tout moment, que dans la publication bihebdomadaire qu’on trouve le rassemblement ou le recoupage des actualités avec des analyses approfondies.

Aux lecteurs, il faudra savoir qu’un journal vaut ce que valent ses lecteurs, ce que vaut également son équipe rédactionnelle. Il faut qu’il y ait des rapports de liaison entre l’équipe rédactionnelle et les lecteurs. Pour cela, il faut que les lecteurs expriment régulièrement par de notes d’observations ou des critiques objectives adressées à la rédaction, au Directeur de publication, pour participer à l’amélioration de la qualité et de la quantité. Car, si le journal est tiré à 1000, 2000 ou à 10.000 exemplaires, il ne peut s’améliorer que s’il trouve plus de lecteurs possibles. Pour ce faire, il faut que ceux qui lisent déjà, expriment leurs critiques, leurs suggestions et propositions dans le but de l’amélioration. Et, la rédaction doit à son tour tenir compte de désidératas du public. Je voudrais adresser un mot particulier à la rédaction de l’Objectif, ce que la presse malheureusement dans le pays comme le nôtre, la presse ne nourrit pas son homme. Mais quelque part, on dit que le journalisme mène à tout, pourvu de s’en sortir. Parce qu’il y a des gens qui arrivent dans le métier, qui veulent tout de suite sauter de la première marche à la dernière. Il faut de la patience. C’est en apprenant et en maitrisant le métier d’une manière professionnelle, que l’on peut faire de son journal un journal de référence. Dans notre pays, la presse parle plus politique qu’autre chose. Lorsque vous prenez la Une de beaucoup des journaux, vous remarquerez qu’on titre plus sur ‘’ Tel parti politique a fait cela, l’autre a contredit ‘’, etc. Il fait qu’un journal comme l’Objectif, s’inspire dans les faits des sociétés comme il en a d’ailleurs l’habitude de le faire.  Il faut qu’il soit une presse de proximité. Que la rédaction relève les faits de société, pour permettre aux décideurs d’aujourd’hui et de demain, d’avoir des faits saillants, des agrégats qui leur permettent de décider. Le journal comme l’Objectif doit aussi avoir le temps de corriger certaines analyses qui se font dans d’autres presses. ‘’ L’Objectif ‘’a fait du chemin. Qu’il continue dans le même élan, avec la même volonté et la même détermination.

Témoignages recueillis par Nico Kassanda

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