Célestin Kabala:  » l’UNPC n’est pas une union d’individus »

C’est depuis la semaine passée que l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) dispose d’un nouveau comité pour un mandat de quatre ans, au terme de l’assemblée élective tenue dans la ville de côtière de Moanda. Cependant, l’élection de Joseph Boucar Kasonga Tshilunde ne fait pas l’unanimité dans la corporation.  Au cours d’un entretien avec votre rédaction, Pierre Célestin Kabala Muana Mbuyi, haut cadre à la RTNC et président de l’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC), fait remarquer que le congrès de l’UNPC est un rendez-vous où toutes associations professionnelles, où toutes les corporations des journalistes devraient être représentées.

L’Objectif : Quelle lecture faites-vous du congrès de l’UNPC tenu récemment à Moanda ?

Célestin Kabala Étant dans la profession depuis plus de 50 ans, je connais beaucoup de péripéties de notre association. Car, j’ai travaillé à la fondation de l’Union. C’est moi qui ai proposé cette appellation au congrès qui s’était tenu au  »Centre Catholique Nganda  ». Mais, j’ai le regret de constater que les journalistes font toujours le contraire de ce qu’ils prêchent quand ils reprochent aux gens des attitudes négativistes de corruption. Ils sont les premiers à se livrer à cette gymnastique malheureuse. Souvent, nos congrès ne se tiennent pas dans la transparence, surtout quand il y a élection en vue. On ne respecte pas les textes. En 2014, on a dû prendre de l’argent parce qu’on a promis à l’ancien premier ministre qu’on voulait faire de lui le champion de la bonne gouvernance, en dépit de tout ce qu’on lui reprochait dans la société.    

Peut-on dire que ce sont les finances qui conditionnent la tenue des congrès de l’UNPC?

 Dès qu’il y a de l’argent, le congrès est conditionné.  Il est à constater que le c’est le financement qui entoure nos congrès. Surtout cette fois-ci, avec l’argent venant de la première dame. De par ma nature, je n’aime pas entrer dans les eaux souillées.

Quel commentaire faites-vous des structures ayant participé à ce congrès ? 

Ça s’appelle Union. Ce n’est pas l’union des individus. Mais plutôt l’Union des associations professionnelles ou toutes les corporations des journalistes devraient être représentées. Ce qui n’a pas été le cas. Nous avons décentralisé, nous avons demandé que ça soit la centrale syndicale qui prenne les responsabilités pour les associations professionnelles dans leurs diversités. Aujourd’hui, ce sont des individus qui lorsqu’ils sont en position de force financièrement, font appel à quelques amis en provinces et ne maîtrisent pas les textes. Et ceux qui sont éloignés, ne maîtrisent pas beaucoup de réalités, mais sont fiers de participer. C’est une honte pour la presse.

 Qu’en est-il des délégués des provinces?   

Le congrès réunit les délégués des associations professionnelles et les délégués des provinces. En province, chaque section de l’UNPC est censée regrouper les associations professionnelles. C’est le cas de la presse sportive, la presse de la culture et arts, des musiciens, la presse s’occupant de l’économie etc. Donc, lorsqu’on a projeté le congrès, toutes ces associations se réunissent à leur niveau et désignent leurs délégués au Congrès. Ce n’est pas qu’on les invite.

Que pensez-vous du congrès de l’aile Tabasenge projeté en décembre prochain ?

 Nous avons copié le mauvais exemple des politiciens. Il y aura dédoublement. Chose que je regrette. Mais qui pourra encore aider la presse  retrouver son unité? Et pourtant c’est de l’argent sorti dans la poche d’une bienfaitrice qui avait peut-être souhaité qu’avec cet argent, que la presse soit forte. Lors de son installation à la magistrature suprême, le Chef de l’État avait indiqué que la presse devait réellement être le 4eme pouvoir. Mais avec de tels comportements, la presse ne sera jamais un 4eme pouvoir. L’autre congrès qui démarre, c’est tout simplement le pavé dans la marre. Il faut qu’il y ait des gens sages. Malheureusement, aujourd’hui les gens n’écoutent plus les sages. J’ai vu comment on a ridiculisé le professeur Malembe Tamandiak, les anciens dirigeants Kitutu Oleontua et Mutiri Wa Bashara. Lorsque nous avions refondé l’Union, nous nous sommes dit que tous ceux qui ont travaillé étaient censés être les membres du comité des sages et qui devaient être appelés à chaque fois qu’il y aura crise. La jeunesse n’a pas de sens d’initiative pour trouver des moyens et signer de contrats ou faire des parrainages et avoir de bons rapports avec le gouvernement.

Quelle solution préconisée pour la bonne marche de l’UNPC?  

Comme le congrès n’émarge pas au budget du Trésor public, on devrait chercher d’autres partenaires pour aider l’UNPC et trouver la possibilité d’attirer l’État par le sérieux de ce que l’on fait, par les études qu’on devrait faire et par des réflexions que l’on devrait avancer.  Celles-ci pouvaient donner aux institutions nationales la possibilité de subventionner ou simplement d’aider l’Union. En le faisant, on guide le peuple par le travail qu’on fait et les informations que l’on apporte, de nature à donner à chacun des concitoyens la possibilité d’en faire l’opinion personnelle de participer à la culture nationale.

Propos recueillis par Nico Kassanda

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