En sit-in, les mouvements citoyens exigent l’application du rapport Mapping

ECCHA, LUCHA, Filimbi et autres mouvements citoyens étaient en sit-in lundi 30 novembre devant le Palais du peuple.

Ils ont exigé l’implication des élus nationaux pour l’instauration d’une cour pénale pour la RDC tel que recommandé dans le rapport MAPPING. Dans leur mémorandum, déposé au Bureau de la chambre basse du Parlement, ces mouvements citoyens ont exigé l’implication de cette institution pour la création d’un tribunal pénal pour le Congo. Cette juridiction spéciale aura pour objectif de traiter des cas d’impunité, meurtres et violences faites à la femme principalement et juger également des crimes commis contre les populations civiles dans l’est du pays répertoriés dans le rapport MAPPING publié il y a quelques années par les experts de l’ONU. Cependant, au moment où ces activistes manifestaient pacifiquement, il y a eu un accrochage entre les gardes rapprochés de la présidente de l’Assemblée Nationale Jeanine Mabunda et ces activistes pro-démocratie. Dans ces accrochages, un activiste des mouvements citoyens au nom de Benjamin Kawanga, a été passé à tabac par les éléments commis à la garde de la présidente de l’Assemblée nationale. La victime s’en est sortie fracturée au niveau de des membres supérieurs. Benjamin Kawanga s’est plaint du comportement des gardes de Jeanine Mabunda. Et pourtant, la manifestation initiée, consistait à interpeller le Bureau de l’Assemblée nationale à s’impliquer sur le rapport MAPPING, afin de permettre aux auteurs de crimes graves commis contre les congolais d’être jugés.  »Nous avons mené une action pacifique au Parlement précisément à l’Assemblée nationale, pour rappeler aux élus de l’existence du rapport Mapping et en appeler à leur l’implication. 10 ans depuis que le rapport mapping existe, on ne voit jamais le Parlement congolais s’impliquer. Malheureusement, que notre ami a été victime d’une fracture  », ont dénoncé un de ses activistes des mouvements citoyen. Lors d’un point de presse organisé la semaine dernière, le Réseau des mouvements citoyens et organisations de la société civile avaient réclamé auprès des institutions de la République dont la Présidence et le Parlement, la mise en place d’un Tribunal pénal international en RDC, tel que prévu dans le rapport Mapping afin de rendre justice aux victimes des crimes commis sur le sol congolais. Ils ont demandé la mise en œuvre effective de ce rapport tout en instituant le Tribunal pénal international pour la RDC, pouvant permettre de juger tous les auteurs nationaux qu’étrangers de ces différents crimes, les condamner et réparer les préjudices subis par les victimes et faire justice. Car, l’État de droit est un État esclave ou soumis au respect des textes des lois. Le facteur majeur de développement d’un pays est la non-application des textes de droit, avait rapporté cette déclaration lue par Elsie Lotendo, un des membres du réseau. Pour pousser les autorités congolaises à accéder à leurs revendications, ce réseau avait donc organisé ledit sit-in devant le Palais du peuple, siège du Parlement.  » Nous allons déposer un mémorandum aux deux Bureaux du Parlement le lundi, pour que cette institution puisse se saisir de cette question sur les crimes en RDC rapportés dans le rapport Mapping  », a fait savoir Fal Mamba, un des activistes. Depuis un temps, en RDC, des voix s’élèvent pour réclamer la mise en application des recommandations du rapport Mapping sur les crimes commis dans le pays. Allusion faite au docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix. Il faut noter que ces mouvements citoyens ont déjà répertorié 617 violations les plus graves des droits de l’homme commises entre 1993 et juin 2003, selon les Nations-Unies.

Nico Kassanda

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