Félix Tshisekedi responsabilise le PGR

C’est depuis longtemps que les soupçons de corruption des élus provinciaux ont commencé. Des retraits de candidature, des appels pressants de la société civile et de la classe politique pour sortir le PGR de sa lethargie.

Enfin, Flory Kabange Numbi réagit tardivement en suggérant à la CENI de reporter les élections sénatoriales et celles des gouverneurs de province. Corneille Nangaa impose un refus catégorique brandissant le principe sacrosaint de l’indépendance de son institution. Et survient la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : la furie de militants de l’UDPS avec des pertes en vies humaines à Mbuji Mayi et des dégâts matériels (le sacage du siège du PPRD). Enfin, le Chef de l’Etat instruit formellement le PGR près la Cour de cassation de diligenter des enquêtes. Cette fois-ci, le PGR ne pourra se dédouaner de la noble et lourde mission lui confiée par le Garant de la Nation. Par conséquent, Félix Tshisekedi attend des résultats dans un bref délai pour lui permettre de tirer les conséquences quant à ce. Fort heureusement que la machine du PGR était déjà actionnée. Des hauts magistrats ont été envoyés dans les chefs-lieux des provinces pour enquêter. En outre, des instructions ont été données aux inspecteurs de police judiciaire. C’est dans cette optique que le PGR a demandé le report des élections pour procéder aux enquêtes. Pour le PGR, la tenue de ces élections ouvriraient la voie à des contestations et à des violences meurtrières. Cela cadre parfaitement avec la mission essentielle du ministère public qui est celle de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux  de la société.

Pour rappel, les appels ont fusé de  partout pour dénoncer la corruption dans le chef de députés provinciaux à la veille des élections des sénateurs (le 15 mars) et des gouverneurs de province (le 26 mars). D’abord, c’est la société civile qui est montée au créneau par le biais de Maître Georges Kapiamba de l’ACAJ et le « Collectif de l’Elite Haut-Katangaise » (composé de dix personnes  dont deux avocats). Ledit collectif a d’ailleurs cité le nom de quelques personnalités impliquées notamment Célestin Pande Kapopo et Jacques Kyabula Katwe, le premier candidat Sénateur et le second candidat Gouverneur sur les listes FCC. Les deux personnalités sont accusées de dilapidation spectaculaire des deniers publics pour avaliser leurs candidatures ou chercher à gagner la sympathie des électeurs. A en croire, ce collectif, 22 000 USD dollars ont été distribués  par le ministre  provincial des Finances Jacques Kyabula le 11 février à l’issue de sa rencontre avec certains députés provinciaux à l’Hôtel Karavia Pull Man de Lubumbashi. Ensuite, les candidats qui se sont rétracté. Dans sa lettre n°ABI/CI/002/2019 du 14 février, l’homme d’affaires Adam Bombole a écrit au président de la CENI pour annoncer le retrait de sa candidature aux sénatoriales. Tenez, l’affirmation  d’Adam Bombole est très éloquente. ‘’ Je ne me soumettrai jamais à la corruption, marcherais toujours tête haute, regardant tous mes semblables droit dans les yeux’’.  Quelques heures plus tard, c’est le tour de Vidiye Tshimanga, conseiller spécial de Félix Tshisekedi et candidat sénateur de jeter l’éponge. ‘’ Il y en a un qui m’a demandé carrément 50.000UDS dollars, assure ce dernier. Le moins cher était à 25.000USD dollars. Je me vois très mal dépenser de l’argent pour corrompre des députés et ensuite me battre contre la corruption. Je ne peux pas  me lancer dans cette bataille de cette manière-là’’.  Enfin, Luzolo Bambi ancien conseiller spécial de l’ancien Chef de l’état en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux et financement du terrorisme a également rendu le tablier. Ce  dernier a même demandé au Procureur d’ouvrir information judiciaire  à ce sujet.

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