Grogne au Grand marché : les vendeurs refusent la délocalisation

Les violons ne s’accordent pas entre le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila et les vendeurs du marché central communément appelés Zando s’en vont guerre contre le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny.

Les commerçants s’insurgent contre la mesure portant fermeture du marché central prise par l’autorité urbaine le 20 janvier dernier. Les vendeurs rappellent que ce lieu de négoce a été fermé pendant six mois et rien de concret n’avait été réalisé. Pour ces vendeurs, les nouveaux emplacements construits par l’État, ne répondent pas aux normes et ne disposent pas des entrepôts pour conserver leurs marchandises. En outre, ils arguent que ces nouveaux marchés ne contiennent pas assez d’espace pour contenir tous les vendeurs. Consécutivement à cette situation, ils ont résolu d’aller rencontrer le Président de la République en vue d’une solution, dans la mesure où le gouverneur avait déjà procédé à sa fermeture pendant six mois, sans succès.  »Comment allons-nous nourrir nos familles si on ferme le marché. Que deviendront nos familles? » se sont-ils interrogés. Ces vendeurs estiment qu’ils n’ont pas un autre endroit où nous pouvons exercer nos activités pour subvenir aux besoins de nos ménages considérant que nos maris ne travaillent plus.  » Nous priver de ce marché, c’est chercher notre mort » ont martelé les vendeuses de friperie d’un ton colérique. En plus, celles-ci affirment n’avoir jamais assisté à une telle scène où un gouverneur décide de fermer le marché central. Et pourtant, il sait bien que c’est l’unique grand centre de négoce dans notre ville depuis que nous étions enfants. A l’époque de Kimbuta et tous les autres gouverneurs qui ont géré la ville de Kinshasa avant Kimbuta, aucun n’a pu agir comme Ngobila.  » Qu’ils nous laissent tranquillement exercer nos activités » a lancé un vendeur des chaussures. Un autre vendeur par contre propose à Ngobila de trouver d’autres schémas pouvant assainir la ville de Kinshasa et non décider délibérément de procéder à la fermeture du marché. Signalons que quelques magasins des expatriés ont même été victimes des pillages par certains commerçants mal intentionnés. Ces derniers ont dépassé les limites de leurs revendications et se sont livrés à des actes de vandalisme. A en croire un passant, les gens qui ont pillé les magasins des nigérians et libanais sous prétexte que ces expatriés ne seront pas visés par cette mesure de fermeture prise par l’autorité urbaine. On ne sait pas ce qui se passera le lendemain. Car, au niveau du gouvernement provincial, il n’existe pas d’autres alternatives que de fermer. Pour Charles Mbuta Muntu, ministre provincial, il existe de mains noires qui manipulent les vendeurs, car la fermeture va dans le sens de leurs propres intérêts vu l’état dans lequel ce marché se trouve.

Nico Kassanda

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