Kabund indexé, Mabunda appelée à la démission

L’imbroglio a régné lundi 7 et mardi 8 décembre au Palais du Peuple. Des images peu reluisantes de la RDC ont circulé à travers la toile principalement sur les réseaux sociaux.

Des échauffourées entre d’une part les partisans du départ du Bureau Mabunda et d’autre part les tenants de l’actuel Bureau de l’Assemblée nationale. Face à cette situation, on assiste à des tirs croisés. Un député FCC qui a requis l’anonymat pointe du doigt accusateur l’ancien vice-président de la Chambre basse du Parlement Jean-Marc Kabund. A en croire, ce député, l’honorable Kabund cherche à prendre sa revanche. ‘’ On vient de casser les portes de la Salle des congrès pour permettre aux pétitionnaires de se réunir’’ a-t-il dénoncé. Du côté du CACH, on accuse la présidente de l’Assemblée nationale d’avoir fait appel aux jeunes du PPRD.  Le député national Claudel André Lubaya appelle quant à lui la présidente de l’Assemblée nationale à la démission. Il s’est exprimé en ces termes sur son compte Twitter :’’ Compte tenu de la détérioration du climat de travail à l’Assemblée nationale à la suite du désaveu du Bureau par plusieurs députés, je conseille à ses éminents membres de tirer les conséquences qui en découlent en démissionnant par élégance pour préserver l’institution de l’opprobre’’.

Bicéphalisme à l’Assemblée nationale

Les derniers événements à l’Assemblée nationale ont créé deux centres de décision dans cette institution. Naturellement, le Bureau Mabunda qui exerce encore ses prérogatives a renvoyé à une date ultérieure les plénières et les travaux en commissions. Et le SG de l’Assemblée nationale qui a convoqué la plénière pour statuer sur le sort du Bureau Mabunda. Dans l’entre-temps, les proches du SG se plaignent de la disparition de leur père depuis samedi dernier.

Le SG de l’Assemblée nationale suspendu

Le secrétaire général de l’Assemblée nationale Jean Nguvulu a été suspendu mardi 8 décembre par la ministre de la Fonction publique Yolande Ebongo.
Cette dernière reproche au patron de l’administration de la Chambre basse du Parlement le fait d’avoir convoqué une plénière pour tabler sur les pétitions initiées contre le Bureau Mabunda. ‘’ Je viens d’être saisie par la voix de presse de votre communiqué portant convocation de la plénière de l’Assemblée nationale pour ce mardi à 11heures’’, écrit la ministre qui ajoute que ‘’ votre agissement viole délibérément les prescrits de décret-loi n°017/2002 du 03 octobre portant code de bonne conduite de l’agent public de l’État et ceux de la loi 16/013 du 15 juillet 2002’’.

Entorse

Une certaine frange de l’opinion soutient que cette suspension n’est pas du ressort de la ministre de la Fonction publique. Mais plutôt de la compétence du ministre des Relations avec le Parlement. Encore faudra-t-il l’ouverture d’une action disciplinaire au préalable.

Pétition contre le Bureau Mabunda : le Bureau provisoire installé

Déterminés les pétitionnaires ont fini par tenir une plénière qui a permis l’installation du bureau provisoire. Il sera présidé par le plus âgé Mboso Nkodia du FCC assisté des plus jeunes Aminata Namasiya (PPRD) et Gaël Bussa du (CDR). C’est ce bureau provisoire qui se chargera d’examiner la requête introduite pour la déchéance de l’ensemble du Bureau Mabunda. Encore un bras de fer de plus. Quelques jours plus tôt, le Bureau Mabunda avait estimé qu’il fallait d’abord attendre le rapport de la Commission des sages sur des éventuels cas de corruption des députés avant l’examen de la pétition en plénière. L’honorable Mabunda et tout son bureau, tomberont-ils ? L’avenir nous le dira.

Sous la barbe de la Police, le siège du parti ECT mis à sac

Les cadres, militants et membres du parti politique  » Éveil de la Conscience pour le Travail et pour le Développement (ECT), parti politique, membre du FCC, ont été victimes d’agression par les militants se réclamant de l’UDPS. Ces militants du parti présidentiel se sont donnés le luxe de saccager et détruire le siège de ce parti politique, situé sur l’avenue Kabinda, quartier Beau-vent, dans la commune de Lingwala. La scène s’est déroulée lundi 07 décembre dans la fourchette de temps compris entre 10 heures et 14 heures. Le bilan fait état de plusieurs dégâts matériels important enregistrés. Fort heureusement qu’on ne déplore aucune  perte en vies humaines. Mais quelques membres de cette formation politique s’en sont tirés avec des blessures. Les responsables de l’ECT condamnent avec la dernière énergie ces actes de barbarie commis par les combattants de l’UDPS contre leur parti politique, qui pourtant n’a jamais eu des différends avec un quelconque autre parti de la majorité ou de l’opposition. Le président interfédéral de l’ECT ville de Kinshasa Kelelo Bobi qui a vécu la scène, affirme que depuis le matin de ce lundi, ils étaient au siège de leur parti comme d’habitude en train de travailler normalement. Soudain, ils vont constater un groupe des gens avec des motards se réclamant de l’UDPS se regroupant devant leur parti. Trois minutes après, ils ont commencé à jeter des pierres au parti en posant des actes de sabotage au siège du parti. Ils ont saccagé partout à l’intérieur du parti, casser des vitres détruisant les mobiliers du parti se trouvant dans tous les bureaux.  » Nous n’arrivons pas à comprendre réellement ce qui se passe. Tous ces actes se sont produits sous l’œil des agents de la police qui ont débarqué sur le lieu sans rien faire  », a dénoncé l’Inter fédéral ECT-Ville de Kinshasa. Ce dernier dit ne pas comprendre comment la Police qui a pour mission de rétablir l’ordre, arrive sur place, ne fait rien. Pire encore, ils ont entendu deux agents de l’ordre dire  » buaka ya Suka ebongo bokima », entendez par là  » jette pour la dernière fois avant de vous en aller ». Concernant les altercations qui ont eu lieu le même jour aux abords du Palais du Peuple entre les militants de l’UDPS et les bérets rouges du PPRD, l’Inter fédéral de l’ECT a fait remarquer que la destruction du siège de leur parti par les militants de l’UDPS n’a rien avoir avec le différend entre son parti. Il précise que c’est tout simplement de la méchanceté. Kalelo Boby qui s’est réservé de lancer un message aux autorités, a constaté tout simplement le regret dans le chef de la police qui, dans sa mission régalienne, était censée mettre la main sur les auteurs de cette destruction, a relâché trois auteurs de ces faits infractionnels.

Témoignage

 » Depuis les premières heures du matin, le quartier était calme comme d’habitude. C’est aux environs de 9 ou 10 heures que nous constaterons un groupe des motards communément appelés  »Wewa » avec des effigies de l’UDPS, sortir du Palais du Peuple et sont venus directement saccager le siège du parti politique ECT dont le parti politique est membre du FCC. C’est une légèreté de nos politiciens parce qu’ils ont vu ces gens quitter Limete pour venir jusqu’ici et attaquer les biens privés de ce parti. La police est complice de ce qui se passe aujourd’hui. Car, elle est incapable de maintenir de l’ordre. La police devait barrer la route à ces gens. C’est depuis 10 heures que cet événement a commencé. Il est 14 heures, la Police n’a rien fait. Pourquoi le parti du président de la République devrait être auteur des troubles, de tensions jusqu’à perturber l’ordre public », a dénoncé Martin Bonioma, habitant de l’avenue Kabinda. Il faut dire que ce siège a eu la vie sauve grâce à l’intervention des habitants qui les ont pourchassés.

JM Mawete

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