Rentée parlementaire : La rétrocession à l’ordre du jour

La présidente de l’Assemblée nationale a invité le gouvernement à appliquer la rétrocession aux provinces afin de permettre aux entités territoriales décentralisées d’avoir les moyens de leurs politiques.

Les provinces rencontrent beaucoup de difficultés ces derniers temps. Les députés provinciaux sont impayés depuis plusieurs mois. Cette situation ne permet donc pas aux exécutifs provinciaux de rencontrer les desideratas des populations à la base. D’où, cet appel salvateur de Jeanine Mabunda qui tombe au meilleur moment.

La loi sur la reddition des comptes attendue

La présidente de la Chambre basse du Parlement l’honorable Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi a demandé à l’exécutif national de déposer dans un délai raisonnable le projet de loi portant reddition des comptes, afin que les élus du peuple l’examinent avant l’adoption de la loi des finances pour l’exercice 2022. La présidente de l’Assemblée nationale a rappelé les dispositions de l’article 84 de la loi du 13 Juillet 2011 relative aux finances publiques qui stipulent que « le projet de loi portant reddition des comptes du dernier exercice clos, y compris les documents prévus aux articles 81 et 82 points 1 et 2 de la présente loi sont déposés à l’Assemblée nationale, au plus tard le 15 mai de l’année suivant celle de l’exécution du budget auquel il se rapporte. Dans l’impossibilité de respecter ce délai, le projet de loi portant reddition des comptes ainsi que le rapport de la Cour des comptes visés au point 3 de l’article 82, sont déposés avant la fin de la session ordinaire de mars ».

Mabunda ciblée

La présidente de l’Assemblée nationale constate « le foisonnement dangereux d’un discours de haine et un déferlement d’intolérance. Les médias sociaux sont exploités pour véhiculer ces discours incendiaires devenus une véritable arme. L’une des victimes, c’est le docteur Mukwege ». Dans son discours d’ouverture de la session de septembre, elle relève être, elle-même, devenue « la cible privilégiée de ce discours de haine qui touche à la dignité de la femme Congolaise provenant des officines bien identifiées et parfois en toute impunité des protecteurs judiciaires et responsable de ces officines ».

Jeanine Mabunda signale qu »à travers moi, ce sont vos femmes, vos soeurs et vos amies qui sont atteintes. Mais, cest aussi l’institution que je préside que l’on dévalue. C’est une violence verbale et politique à condamner, sinon, elle deviendra le prélude d’une violence physique ». À cette même occasion, « je remercie de très nombreux soutiens des Congolais et des personnalités politiques. Les silences complices, je vais les ignorer. Il ne s’agit pas seulement de me défendre, mais c’est défendre les attaques contre toutes les femmes ».

Malgré cela, Jeanine Mabunda rassure que « je n’abandonnerai pas ma charge. Nous devons combattre avec la dernière énergie cette haine qui est descendue sur la place publique et qui fait planer une ombre menaçante sur notre humanité ».

Priorité budget 

« Cette session est budgétaire. La priorité sera accordée à l’examen et adoption du projet de loi des finances. J’invite le gouvernement à le déposer dans le délai requis par la loi et à faire diligence en ce qui concerne le projet de loi portant reddition des comptes ».

Elle alerte sur le fait que « le budget doit cesser d’être un simple exercice théorique d’alignement des chiffres ».


Contexte particulier 

« Cette session s’ouvre dans un contexte sanitaire, social et économique particulier », rappelle Jeanine Mabunda. Sur le plan sécuritaire, « le programme DDR ayant montrant ses limites, il faut le renforcer. J’invite le gouvernement à tout mettre en œuvre pour doter l’Armée davantage des moyens en vue de faire face » aux attaques armées.

« Nous lançons un message d’espoir à ces compatriotes et nous les rassurons que l’Assemblée nationale sera toujours à leurs côtés ». Sur le plan sanitaire, « j’exhorte la population congolaise à continuer à observer les gestes barrières pour lutter contre la propagation du Coronavirus ». Elle signale que « cette évolution rassurante du Coronavirus ne doit pas faire oublier que notre pays fait face à la 11ème épidémie de la maladie à virus Ebola. J’en appelle au gouvernement de mettre les moyens à disposition de l’équipe de riposte ».

Sur le plan économique, « il y a risque d’aggraver la pauvreté et de toucher durement les populations les plus vulnérables ». Jeanine Mabunda a également demandé au « gouvernement d’accompagner le processus du rapatriement des restes de Patrice Emery Lumumba et l’organisation des obsèques, si la famille biologique le souhaitait ».

La présidente de l’Assemblée nationale a aussi condamné le tribalisme, comme cela se constate actuellement.

Autres matières

Comme à l’accoutumée, ce sera une session essentiellement budgétaire. Cependant, d’autres matières pourront être inscrites à l’ordre du jour. Cette prérogative relève de la conférence des présidents. Allusion faite notamment à l’épineuse question de la réforme électorale. Le collectif budgétaire est également attendu. La question de la levée des immunités du ministre de la Santé le docteur Eteni Longondo sera aussi débattue. On s’attend à une session mouvementée vu les matières qui pourraient faire l’objet et les tensions entre la coalition FCC-CACH.

JM Mawete

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