Xénophobie : Bientôt une délégation congolaise en Afrique du sud  

Les ressortissants congolais en Afrique du sud tout comme les autres africains sont restés terrés chez eux, les déplacements limités au strict minimum par peur d’être pris à partie par une frange de la population Sud-Africaine décidée à chasser les étrangers.

Prenant la mesure de la situation, une délégation gouvernementale séjournera bientôt dans le pays de Nelson Mandela. Objectif, évaluer la situation sécuritaire des congolais vivant sur place. Des discussions avec les autorités de ce pays sont prévues. Le ministre en charge de la Coopération et Intégration régionale Guillaume Mandjolo donne des détails : ‘’ Dans le cadre de l’intégration régionale notamment avec la SADC, il existe des protocoles qui régulent l’installation et la circulation des personnes et des biens. Et avec l’Afrique du sud, nous avons la Grande Commission mixte. Et il est inadmissible d’accepter des telles exactions même si on ne déplore pas encore des morts du côté congolais. C’est une obligation d’état, de la SADC et de l’Afrique. ‘’

Rapatriement des nigérians ce mercredi

 Les autorités nigérianes ont annoncé le rapatriement de quelque 600 ressortissants à partir de ce mercredi 11 septembre. Ce week-end, une nouvelle personne a été tuée à à Johannesburg, portant à 12 le nombre total de victimes des violences xénophobes depuis la semaine dernière. C’est une offre du propriétaire de la compagnie nigériane Air Peace qui a tout déclenché mercredi dernier. En soutien aux victimes des violences xénophobes en Afrique du Sud, Allen Onyema, le directeur général d’Air Peace, a offert de rapatrier gratuitement d’Afrique du Sud tout Nigérian qui le souhaitait. Depuis, environ 600 ressortissants se sont portés candidats sur les 100 000 résidants estimés par les autorités consulaires de Johannesburg. L’évacuation devait initialement débuter vendredi dernier, mais elle a pris du retard pour des raisons administratives. Les immigrés nigérians devaient en effet d’abord obtenir un certificat de voyage, faute pour beaucoup d’entre eux d’avoir un passeport en cours de validité. Le problème est désormais réglé. Leur rapatriement démarrera ce mercredi 11 septembre, ont déclaré les autorités nigérianes. Un premier avion de la compagnie Air Peace transportera 320 passagers. Un autre sera affrété aussitôt après.

Ce pont aérien inédit entre les deux pays intervient alors que la situation diplomatique se normalise. Après plusieurs jours de tensions, Abuja a envoyé un émissaire en Afrique du Sud et déclaré vouloir chercher des solutions avec Pretoria.  Et les deux chefs d’État doivent se rencontrer début octobre en Afrique du Sud, lors d’une visite prévue de longue date.

Les tensions entre les deux premières puissances économiques du continent pourraient être lourdes de conséquences. La semaine dernière déjà, le Nigeria a boycotté le Forum économique mondial pour l’Afrique qui se tenait au Cap.

Accalmie selon Cyril Ramaphosa

Selon le président Cyril Ramaphosa, « les violences ont fortement diminué ». 423 personnes ont été arrêtées dans la région de Johannesburg, épicentre des attaques.

Les violences xénophobes se poursuivent en Afrique du Sud. « Au moins 10 personnes », dont un étranger, ont été tuées, a annoncé jeudi 5 septembre le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Ces derniers jours ont été marqués par des pillages et des attaques « injustifiables » pour le président.

« Nous savons qu’au moins 10 personnes ont été tuées dans ces violences, une d’entre elles est étrangère », a déclaré le chef de l’État dans une intervention radiotélévisée à la nation.

« Des familles ont été traumatisées. Des vies ont été détruites », a-t-il ajouté. « Il ne peut pas y avoir d’excuse pour la xénophobie (…). Il n’y a aucune justification pour les pillages et les destructions. »

« Le temps du calme est venu »

« Les violences ont fortement diminué (…). Le temps du calme est venu », a encore estimé le président, précisant que 423 personnes avaient été arrêtées dans la région de Johannesburg, épicentre des attaques xénophobes. « Il est temps pour nous tous qui vivons dans ce pays de relever directement et honnêtement nos défis, non en recourant à la violence, mais en dialoguant », a-t-il estimé. L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%) et la pauvreté. Les attaques de cette semaine ont provoqué la colère de plusieurs pays du continent, où des habitants s’en sont pris à des intérêts sud-africains.

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