Affaire Kathy Tshikomb : le commandant du camp militaire Major Vangu, arrêté en pleine parade à Lubumbashi

Le commandant du camp militaire Major Vangu, le colonel Kabonde wa Kidianga, a été arrêté en pleine parade le lundi 26 octobre 2026 à Lubumbashi, sur ordre direct du général Eddy Kapend, commandant de la 22ᵉ région militaire. Cette interpellation spectaculaire par l’Auditorat militaire fait suite à l’assassinat brutal de la capitaine Kathy Tshikomb Thérèse, une officière et camérawoman du service de communication des FARDC, retrouvée morte à son domicile au cœur même du camp dans la nuit du 12 au 13 octobre 2026.
Une arrestation spectaculaire sous le soleil de Lubumbashi
Le lundi 26 octobre, l’atmosphère est lourde sur la place d’armes de Lubumbashi. Face aux troupes alignées, la voix du général Eddy Kapend résonne, implacable : « Mon colonel auditeur supérieur, maintenant que je parle, si le commandant de camp Vangu est là, arrêtez-le tout de suite ». Sous les yeux de ses hommes, le colonel Kabonde wa Kidianga est conduit vers la justice militaire.
Cet acte de commandement d’une rare violence symbolique répond à une tragédie qui s’est nouée deux semaines plus tôt.

Dans la nuit du 12 au 13 octobre, la capitaine Kathy Tshikomb Thérèse a été assassinée chez elle, dans son intimité, au sein d’une enceinte fortifiée censée incarner la sécurité absolue. Le fait que des criminels aient pu s’introduire dans le camp, commettre ce crime de sang et repartir sans qu’aucune alerte ne soit donnée a provoqué la fureur du commandement régional. Le général Kapend a fixé un ultimatum strict à la justice militaire : des réponses claires doivent être fournies d’ici le mercredi 28 octobre 2026.
Les trois failles d’un système à bout de souffle
L’arrestation d’un officier supérieur en public ne relève pas seulement de la discipline militaire ; elle expose une crise structurelle profonde au sein des infrastructures de défense en République Démocratique du Congo.
L’arrestation du colonel Kabonde est un signal fort envoyé à toute la hiérarchie militaire du Grand Katanga. Face aux menaces politiques et sécuritaires qui pèsent sur la région, l’armée tente de purger ses propres rangs du laxisme qui la ronge de l’intérieur. L’enquête de l’Auditorat militaire devra désormais dire si la mort de la capitaine Kathy Tshikomb était le fait d’une criminalité urbaine audacieuse ou d’un règlement de comptes interne facilité par la négligence.
Nico Kassanda