Guerre à l’est de la RDC: la solution serait-elle économique ?

Dans la partie Est de la République démocratique du Congo, les cœurs ne sont pas à la fête en raison notamment des nombreux massacres commis dans cette région. 60 ans d’indépendance marquée par de nombreuses violences et atrocités pour les habitants de Rutshuru. Des exactions commises par les ADF (Allied Democratic Forces), et les groupes mai-mai. A la veille de la commémoration de la fête d’indépendance, des cas d’enlèvements étaient encore signalés. A Rutshuru, pas une journée ne passe sans que les médias locaux ne rapportent des nouvelles de personnes enlevées ou tuées par des groupes rebelles.  Dans son discours adressé à la population congolaise, à l’occasion de la commémoration des 60 ans d’indépendance, le président Felix Tshisekedi a déploré les exactions commises par les groupes rebelles et qui endeuillent les régions de l’Est du pays. Il en a profité pour lancer un appel à tous les groupes armés de déposer les armes. 

Triomphe Efoko: comment voulez-vous parler de guerre et vous demander si la solution serait économique ? La guerre, on répond par la guerre, le plus fort l’emporte. Dites-nous la vérité, nous n’avons pas une armée, car si on avait une armée, la guerre à l’Est serait finie. Lorsque je regarde la Russie avec sa force armée, ses voisins turque et ukrainien souffrent parce qu’ils sont faibles devant la Russie. Donc la guerre de l’Est est la conséquence d’une armée faible donc la solution économique ne pourra résoudre cela. Il faut une armée forte qui frappe sans pitié et tous nos voisins auteurs de cette guerre auront ainsi peur et la guerre prendra fin.

Jonathan Muayaya : je ne pense pas qu’elle soit économique mais elle est causée par ceux qui convoitent et veulent exploiter nos richesses minières, D’abord les congolais eux-mêmes. Puis nos voisins en l’occurrence le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda puisqu’ils veulent s’enrichir. Ce sont surtout les acteurs politiques véreux et des hauts responsables de l’armée.

Hénoch Kaluka : si la solution sera économique donc il y a un problème des intérêts. Alfred Kipang : absolument, c’est trop vaste. Mais ce qui est à retenir, les minerais exploités en RDC nous aident à avoir les téléphones Android et Smartphones.

Wilfried Kambala : je ne crois pas. Tu penses que tous les moyens ne sont pas réunis pour éradiquer cette guerre ?

Célé Luabeya,  économique : Dans le vrai sens du mot non. Mais je pense qu’avec la création des emplois accompagnée d’une bonne rémunération, ça pourrait en quelque sorte réduire et démotiver la plupart de combattants. Mais la vengeance ou la quête du pouvoir peut être plus fort que l’argent. Si les groupes armés ont comme objectif renverser le régime actuel ou prendre le contrôle d’un territoire, rien ne pourra les arrêter sauf la mort. L’argent ne peut pas.

Davina Maluishi : je ne connais pas trop de la guerre à l’est mais je pense qu’il y a de grandes personnalités qui sont derrière cette guerre et elles en tirent des bénéfices.

Justin Mukaya : à cette question, je dirai non. La solution n’est pas économique car cette guerre est avant tout politique. Dès le début, elle est venue par le souhait des rwandais d’enlever Mobutu (leur grand ménage car ayant accepté d’héberger les Hutus rwandais qui ont fui leur pays) au pouvoir. Mais aussi, par le souhait des grandes puissances de voler les minerais qui sont à l’est. Il s’avère aujourd’hui que certaines guerres aujourd’hui à l’est du pays sont orchestrées par les grands hommes politiques congolais dans le but de tourner l’opinion favorablement vers eux mais aussi, avec un but économique. À ce propos, je pense que pour que la dite guerre prenne fin, il faut d’abord, l’implication de tous les hommes politiques congolais mais aussi, il faut que notre armée soit suffisamment préparée…je répète, ce n’est pas une guerre créée par la faim ou le manque d’emplois mais c’est une guerre avant tout politique. Donc, c’est la politique et seule la politique qui peut la résoudre et cela, en passant par la méthode contraire de ce qui l’avait créé.

Propos recueillis par Clarisse Mfuamba

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