Muhindo Nzangi : Le ministre des illusions perdues

Après quatre longues années à jouer les chefs d’orchestre dans le grand concert de la politique congolaise, Muhindo Nzangi se réveille enfin, comme un dormeur égaré dans un rêve éveillé. À la surprise générale, il réalise que, contrairement à ses promesses flamboyantes de campagne, la route qu’il avait tant vantée n’est, en fait, pas là.
Muhindo Nzangi, après tout ce temps, constate amèrement que la réalité est, disons, un peu moins scintillante que ses discours enflammés. Il est fascinant de voir un ministre de république, homme en position de pouvoir réaliser, avec un retard incroyable, que le monde qui l’entoure ne correspond pas à la belle image qu’il s’était peinte.
Qui l’eût cru ? Pendant la campagne électorale, Muhindo Nzangi faisait des promesses comme un magicien qui sortirait un lapin de son chapeau. “Des routes, des écoles, des hôpitaux !” chantait-il, le sourire aux lèvres et l’assurance d’un homme qui sait que les promesses électorales sont aussi solides qu’un château de cartes.
Mais maintenant, il semble que le ministre qui a pourtant été reconduit, ait découvert que les routes, tout comme les promesses, sont souvent des mirages. Peut-être qu’il aurait dû consulter une carte avant de promettre monts et merveilles aux électeurs. La politique en RDC ! Un monde où les réalités sont souvent aussi éloignées que la lune.
Les déclarations récentes de Muhindo Nzangi ressemblent à un sketch comique. “C’est terrible, je viens de réaliser qu’il n’y a pas de routes”, déclare-t-il, comme si c’était une révélation bouleversante. Cher ministre, il aurait été judicieux de se pencher un peu plus sur le terrain au lieu de rester dans les salons feutrés du gouvernement.
Les citoyens du pays, eux, n’ont pas eu besoin de quatre ans pour comprendre que les promesses n’étaient que du vent. Muhindo Nzangi, avec son air confiant et son discours bien rodé, semble être un personnage tout droit sorti d’une sitcom. Ce grand écart entre ce qu’il a promis et ce qu’il a réalisé est presque comique, si ce n’était tragique.
Un ministre déconnecté qui, en déambulant dans les couloirs du pouvoir, a oublié que la plupart des Congolais vivent dans une réalité bien plus dure que les statistiques qu’il brandit. Il semble que le ministre n’ait jamais eu l’occasion de prendre un taxi ou de traverser un village pour voir de ses propres yeux les conditions de vie de ceux qu’il est censé servir.
La route de la déception est pavée de bonnes intentions et de discours éloquents. Muhindo Nzangi s’est engagé à transformer le pays, mais il semble que la seule chose qu’il ait réussi à transformer, c’est son propre niveau de déconnexion. Peut-être qu’il aurait dû investir dans une paire de lunettes, histoire de voir un peu plus clair dans le brouillard de la réalité.
Muhindo Nzangi est devenu le symbole d’un gouvernement qui promet des roses tout en offrant des épines. Après quatre ans à naviguer dans un océan d’illusions, il est temps pour lui de retourner à la réalité, de quitter son siège confortable et de constater que, oui, les routes ne sont pas là. Mais qui sait ?
Peut-être que cette prise de conscience tardive le poussera à agir, ou peut-être préfèrera-t-il simplement continuer à rêver. Dans tous les cas, il aura définitivement laissé sa marque : celle d’un ministre hors sol, ennuyeusement déconnecté des réalités du peuple qu’il prétend servir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR