RDC : Jacquemain Shabani menace de sanctions pénales l’opposition en cas de rencontre avec Joseph Kabila

Une interdiction stricte de contacts avec le « maquis » de Kabila
« Personne ne peut se permettre d’aller prendre contact ou de faire mouvement vers des territoires occupés par une armée étrangère sans avoir l’accord et l’accompagnement du gouvernement », a déclaré le vice-Premier ministre.
Pour donner un fondement juridique à cet avertissement, Jacquemain Shabani brandit l’article 192 du Code pénal congolais. Ce texte dispose qu’en temps de guerre, quiconque entretient, sans autorisation du pouvoir exécutif, une correspondance ou des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie est passible d’une peine de un à cinq ans de servitude pénale.
Les autorités considèrent aujourd’hui Joseph Kabila comme le dirigeant du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement présenté par Kinshasa comme le prolongement politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la coalition rebelle alliée au M23 qui contrôle une partie de la province du Nord-Kivu, incluant la périphérie de Goma.
La réponse de Kinshasa à l’initiative de Moïse Katumbi
Cette sortie du patron de l’Intérieur intervient en réaction directe aux annonces de Moïse Katumbi. Le président d’Ensemble pour la République, figure de proue et membre du présidium de la C64, avait détaillé les contours d’une tournée politique visant à trouver une issue à la crise sécuritaire et institutionnelle que traverse le pays.
Le plan de l’opposition prévoyait une démarche en deux temps :
- Une première étape à Kinshasa pour échanger avec le président Félix Tshisekedi.
- Une seconde étape à Goma pour s’entretenir avec l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.
Anticipant les accusations de complicité avec la rébellion, Moïse Katumbi avait pourtant assuré que cette médiation se ferait en toute transparence, « au vu et au su de tous ». Il a par ailleurs été précisé que le leader d’Ensemble pour la République ainsi que l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, se disant tous deux en exil, ne participeraient pas physiquement à l’étape kinoise de cette tournée.