RDC /Justice : Le cri d’alarme des chiffres face à l’enfer de la surpopulation carcérale


Kinshasa – La crise pénitentiaire en République démocratique du Congo franchit un nouveau cap critique. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a rendu publics des chiffres alarmants qui mettent en lumière une surpopulation carcérale chronique et des infrastructures à bout de souffle à travers l’ensemble du territoire national.
Le réseau pénitentiaire congolais repose actuellement sur un total de 214 prisons. Toutefois, la réalité du terrain révèle une profonde fracture logistique : seules 116 d’entre elles bénéficient de subventions étatiques, tandis que 24 fonctionnent sans la moindre aide financière. Plus inquiétant encore, 74 établissements sont totalement non opérationnels, réduisant drastiquement la capacité d’accueil globale du pays. Du côté des infrastructures de l’armée, le constat est tout aussi sombre. Les rares prisons militaires disponibles affichent un taux de saturation complet, incapable d’absorber les flux.
Au cœur de ce système asphyxié s’entassent 52.085 détenus. La détresse humaine y prend une tournure particulièrement dramatique pour les femmes, qui sont au nombre de 1.476. Parmi elles, 127 attendent un enfant derrière les barreaux, alors que d’autres tentent d’élever leurs nourrissons dans ces conditions de promiscuité extrême.
Sur le plan judiciaire, ces statistiques soulignent un dysfonctionnement majeur de la chaîne pénale. L’écrasante majorité de la population carcérale est constituée de prévenus et d’inculpés en attente de jugement. Les condamnés civils définitifs ne représentent qu’une infime minorité avec 5.683 personnes, confirmant que le recours massif et prolongé à la détention provisoire reste le principal moteur de l’engorgement des prisons en RDC.