RDC-Marche des catholiques contre le troisième mandat de Kabila: profanation des lieux de cultes et plusieurs cadres du CLC interpellés

L’Église Catholique via le Mouvement Laïc de Coordination n’est visiblement pas prête à abdiquer quant à sa détermination à empêcher le Président Joseph Kabila et son régime de briguer le très controversé troisième mandat.
C’est ce qui explique la perpétuation des marches de protestation à travers la République Démocratique du Congo qu’organise le Comité Laïc de Coordination (CLC).

La dernière en date reste celle organisée le 21 janvier 2018 dans les grandes villes et grands centres urbains du pays mais traquée et perturbée par les forces de l’ordre, jusqu’à faire incursion dans des paroisses de l’Église Catholique où les fidèles étaient réunis en pleine messe. Conséquences, prêtres et fidèles pulvérisés du gaz lacrymogènes, d’autres leaders et encadreurs du CLC arrêtés et emmenés vers des destinations inconnues.
Comme souligné supra, ces actes de profanation et d’arrestation ne se sont pas seulement déroulés à Kinshasa la capitale, mais aussi à l’intérieur du pays, précisément dans de grandes villes comme Kikwit, Bandundu-ville, Matadi, Lubumbashi, Goma, Kenge, Boma, Kisangani, etc. Ici, les membres du CLC ainsi que leurs encadreurs ont été arrêtés, brutalisés, passés à tabac et enlevés. On signalerait même la disparition pure et simple de certains membres de ce Comité. C’est le cas de François Toto, ancien grand séminariste et responsable du CLC dans la ville de Kenge. Cet ancien calotin, suite à son engagement dans ce combat acharné contre le troisième mandat de Joseph Kabila, a subi la fureur du pouvoir en place. Selon son témoignage, il a été arrêté, enlevé et battu copieusement par les forces de l’ordre pour avoir tenté de mobiliser les fidèles et les jeunes catholiques à braver la peur afin de participer à la marche prévue après la messe. Il en est de même pour d’autres encadreurs et mobilisateurs qui ont tenté cette aventure aussi bien à Kenge qu’ailleurs.
Tout compte fait, l’issue de ce bras de fer entre le pouvoir en place et le CLC reste encore inconnue. Se dirige t-on droit vers les événements du 16 février 1992, date à laquelle le pouvoir du Maréchal Mobutu avait massacré des fidèles catholiques qui marchait contre lui? 26 ans après et comme si c’etait hier, cet événement est encore présent dans les cervelles des Congolais.
JMB