RDC /Mines :Deuxième journée de chaos à Kolwezi, les creuseurs artisanaux affrontent les forces de l’ordre


La tension ne faiblit pas à Kolwezi, le cœur minier de la province du Lualaba. Ce mardi, pour la deuxième journée consécutive, des centaines de creuseurs artisanaux ont investi les rues, transformant plusieurs secteurs en zones d’affrontements. Entre barricades enflammées, tirs à balles réelles et paralysie économique, la situation sécuritaire de la ville demeure extrêmement préoccupante.
Le centre-ville menacé, l’industrie minière pour cible
Débutées dans les faubourgs, les violences menacent désormais le cœur de la cité. Des coups de feu ont retenti jusqu’au centre-ville ce mardi, alors que les forces de sécurité tentaient de contenir les manifestants qui essayaient de déborder les cordons policiers.
Les tensions les plus vives se concentrent néanmoins en périphérie, à proximité immédiate des grandes concessions industrielles :
- Assaut à Luilu : Des manifestants y ont érigé des barricades, brûlé des pneus et pris pour cible des commerces et des véhicules.
- Face-à-face chez KCC : Des affrontements directs ont éclaté entre protestataires et forces de l’ordre à l’entrée de la Kamoto Copper Company (KCC).
- Paralysie et cibles mobiles : Les écoles et les boutiques ont gardé rideaux baissés. De nombreux ouvriers du secteur industriel ont été empêchés de rejoindre leur poste, certains ayant été ciblés en raison de leur tenue de travail.
Incertitude autour du bilan humain
Le coût humain de ces deux journées d’émeutes reste flou. La Nouvelle société civile congolaisesignale plusieurs décès parmi les creuseurs artisanaux, sans toutefois pouvoir avancer de chiffre précis. Sollicitées, les autorités politico-administratives locales ont refusé de commenter la situation ou de fournir un bilan officiel.
Cette escalade fait suite à un lundi déjà noir. À l’entrée du quartier UCK, une dizaine de véhicules — dont sept camions transportant des minerais — ont été incendiés. Sur l’axe Kasulo-Luilu, des jets de pierres ont blessé plusieurs passagers, obligeant la police à faire un usage massif de gaz lacrymogènes à Kasulo et Kazembe.
Kamilombe et les ZEA au cœur de la colère
À l’origine de cette explosion de colère, une précarité grandissante que les creuseurs attribuent aux récentes décisions de l’État. Les manifestants dénoncent la multiplication des contrôles et la fermeture forcée de plusieurs centres de traitement et comptoirs d’achat, des mesures qui bloquent la vente de leur production.
Pour sortir de cette crise, les artisans miniers exigent :
- La rétrocession de certains sites miniers repris par l’État, notamment celui de Kamilombe.
- L’activation immédiate et concrète des 33 zones d’exploitation artisanale (ZEA) promises par le gouvernement.
Alors que la nuit tombe sur Kolwezi, le face-à-face se poursuit. Sans dialogue amorcé entre les leaders des creuseurs et les autorités, la province du Lualaba s’enfonce dans une crise sociale et sécuritaire majeure.
In Actualités.cd/ L’Objectif