L’Est de la RDC sous le poids des larmes : le projet PRECAPE lancé à Kinshasa pour redonner souffle à Beni, Walikale et Uvira

Dans les rues de Beni, dans les sentiers meurtris de Walikale ou au bord des eaux d’Uvira, le temps s’égrène au rythme des détonations et de l’angoisse. Depuis trop longtemps, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu regardent passer les jours comme une répétition du pire. Face à cette tragédie humaine persistante, le gouvernement de la République démocratique du Congo a décidé de tendre un fil d’Ariane.

Ce jeudi 29 octobre 2026, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a officiellement lancé le Projet de réponse à la crise en appui aux populations de l’Est de la RDC (PRECAPE).
Un baume sur des plaies béantes
Porté par le Fonds social de la RDC (FSRDC), le PRECAPE ne se veut pas un simple catalogue de bonnes intentions de plus. Il arrive dans des zones broyées par les affres de la guerre et la crise sécuritaire, avec une ambition claire : répondre aux besoins les plus immédiats des familles déplacées, des communautés d’accueil et des plus vulnérables.

Au-delà de l’urgence humanitaire brute, le projet ambitionne de réhabiliter la dignité en s’attaquant à la reconstruction des infrastructures de base – écoles, centres de santé, points d’eau potable et en ouvrant des perspectives d’insertion professionnelle et d’entrepreneuriat pour une jeunesse trop souvent tentée par le désespoir.

L’impératif de l’action
En présence du ministre d’État au Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, le ton du VPM Shabani se voulait ferme et sans équivoque : face à la détresse de l’Est, les mots ne suffisent plus. Le gouvernement exige des actes rapides. L’appel est lancé aux gestionnaires et aux partenaires pour qu’aucun délai ne soit consommé, qu’aucun franc ne se perde, et que la promesse d’un répit devienne enfin une réalité tangible sur le terrain.

À Beni, Walikale et Uvira, des milliers de regards se tournent désormais vers cette promesse. Car dans ces terres meurtries, chaque jour gagné sur la précarité est une victoire contre l’oubli.
Nico Kassanda