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À Gombari, deux morts et des postes de police incendiés…pendant que l’insécurité progresse, les autorités multiplient les appels au calme !

29 octobre 2026
À Gombari, deux morts et des postes de police incendiés…pendant que l’insécurité progresse, les autorités multiplient les appels au calme !

Watsa, 28 octobre 2026,  Le Haut-Uélé continue d’enregistrer des incidents sécuritaires préoccupants. À Gombari, dans le territoire de Watsa, les violences survenues dans la nuit du 25 au 26 octobre 2026 ont fait deux morts, selon le bilan communiqué par l’administrateur du territoire, Dieudonné Magay Missa.

Deux installations de la Police nationale congolaise ont également été incendiées, tandis que la résidence du chef de secteur et plusieurs biens matériels ont subi des dégâts. C’est au cours d’un meeting populaire organisé mardi 27 octobre à Wanga, dans le secteur de Gombari, que l’autorité territoriale, en mission officielle, a présenté ce bilan devant la population.

Face à la gravité des événements, l’administrateur du territoire a annoncé l’interdiction des activités nocturnes des groupes de jeunes vigilants, invoquant des impératifs sécuritaires. Il a également appelé les habitants au calme et à la reprise normale de leurs activités quotidiennes. Un appel certainement nécessaire. Mais dans une province où les préoccupations sécuritaires se multiplient, une question s’impose : combien de fois faudra-t-il encore appeler les populations au calme avant de leur garantir concrètement la sécurité ?

Gombari, un nouvel épisode qui interpelle

Les événements de Gombari ne peuvent être considérés uniquement sous l’angle des dégâts matériels ou des troubles à l’ordre public. La mort de deux personnes, l’incendie d’installations policières et les destructions enregistrées sont des faits graves qui appellent une enquête indépendante et des réponses institutionnelles appropriées. Comment une situation de tension a-t-elle pu dégénérer jusqu’à provoquer des pertes en vies humaines ?

Quelles étaient les revendications à l’origine du mouvement de grève évoqué par la société civile ? Quelles circonstances ont conduit aux décès ? Et pourquoi les installations de la police sont-elles devenues des cibles ? Autant de questions auxquelles le bilan administratif ne répond pas encore.

Dans un État de droit, la restauration de l’ordre public ne peut se limiter à constater les dégâts, annoncer des interdictions et inviter les citoyens à reprendre leurs occupations. Elle suppose également de comprendre les causes des violences, d’identifier les responsabilités et de prévenir leur répétition.

Dans le Haut-Uélé ;  l’insécurité devient un sujet permanent de discours

La situation de Gombari intervient alors que plusieurs localités du Haut-Uélé font l’objet de préoccupations sécuritaires, qu’il s’agisse de criminalité, de tensions communautaires ou de risques liés aux mouvements de groupes armés dans certaines zones de la région. À Isiro, les préoccupations relatives aux braquages et aux violences urbaines alimentent également le débat public.

Dans les territoires ruraux, les questions de surveillance des frontières, de protection des populations et de gestion des conflits locaux demeurent sensibles. Certes, toutes ces situations ne relèvent pas des mêmes causes. Mais leur accumulation nourrit un sentiment d’insécurité qui mérite une réponse publique cohérente. Et c’est ici que l’ironie devient difficile à ignorer : dans le Haut-Uélé, les communiqués semblent parfois circuler plus rapidement que les solutions.

Les autorités appellent au calme, les populations réclament la sécurité et, entre les deux, les incidents continuent d’alimenter l’actualité. À force de répéter que la situation est sous contrôle, encore faudrait-il expliquer ce qui est effectivement contrôlé, par qui et avec quels résultats.

État de siège ; cette proposition de la Grande Orientale prend une nouvelle résonance

Ces événements surviennent quelques jours après la déclaration de la Dynamique des leaders politiques et communautaires de la Grande Orientale, qui a demandé au président Félix Tshisekedi d’envisager l’instauration de l’état de siège dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, après une évaluation approfondie de la situation sécuritaire. Cette demande repose sur des inquiétudes concernant les menaces armées et la vulnérabilité de certaines zones.

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Toutefois, les violences de Gombari ne démontrent pas, à elles seules, la nécessité d’un état de siège. Elles soulèvent d’abord des questions relatives au maintien de l’ordre, à la prévention des troubles, au fonctionnement de la police et à la confiance entre les populations et les institutions. L’expérience de l’Ituri, placée sous état de siège depuis mai 2021, est à cet égard un élément de comparaison qui mérite une évaluation rigoureuse.

Car une interrogation demeure : faut-il changer le statut de l’administration pour améliorer la sécurité, ou faut-il d’abord renforcer les moyens, les responsabilités et l’efficacité des institutions déjà en place ?

La société civile condamne les violences et appelle à la responsabilité

De son côté, la Société civile, forces vives, sous la coordination de Jean Batsulu Meli, a déploré les actes de violence enregistrés lors du mouvement de grève. Son coordonnateur a invité la population à privilégier, à l’avenir, des moyens pacifiques et responsables pour faire valoir ses revendications. Il a également adressé ses condoléances aux familles endeuillées et appelé les habitants au calme.

Cette position rappelle un principe essentiel : aucune revendication, aussi légitime soit-elle, ne justifie les atteintes à la vie humaine ni la destruction des biens publics et privés. Mais la condamnation des violences ne doit pas empêcher l’examen des causes profondes des tensions ni la recherche des responsabilités.

Au-delà des appels au calme, quelle politique de sécurité ?

L’interdiction des activités nocturnes des jeunes vigilants annoncée par l’administrateur du territoire peut être présentée comme une mesure immédiate de prévention mais elle irréaliste tout simplement parce que ces jeunent constituent un rempart sans faille contre l’insécurité aujourd’hui. Encore faut-il en préciser les modalités, la durée, le fondement juridique et les mécanismes d’application.

La question de fond demeure celle de la capacité des services publics à assurer la protection des personnes et des biens sans laisser se développer des dispositifs informels de sécurité. Dans une province où les discours sur la sécurité se multiplient, les populations attendent également des résultats concrets : des enquêtes crédibles, des services de police opérationnels, une justice accessible et des mécanismes de prévention des conflits.

Car le calme n’est pas nécessairement synonyme de paix. Une population peut se taire par peur, par fatigue ou par résignation, sans pour autant se sentir en sécurité.

Le Haut-Uélé ne peut pas vivre éternellement au rythme des bilans macabres

Deux morts à Gombari. Des installations policières incendiées. Des familles endeuillées. Une population appelée au calme. Voilà le bilan officiel présenté au lendemain des violences. Demain, d’autres réunions seront peut-être organisées, d’autres déclarations publiées et d’autres assurances données. Mais la véritable mesure de l’action publique ne réside pas dans le nombre de meetings tenus après les incidents. Elle se trouve dans la capacité à empêcher que de nouveaux drames se produisent.

Dans le Haut-Uélé, tout semble partir de partout : les inquiétudes viennent des territoires, les appels au calme des autorités, les demandes d’état de siège de Kinshasa et les cris de détresse des populations. Mais une question reste entière : où va réellement cette province sur le plan sécuritaire ? Et surtout, combien de bilans faudra-t-il encore dresser avant que la prévention des violences ne prenne durablement le pas sur leur constatation ?

Francois Anga Kupa, Journaliste et écrivain.

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