RDC/SANTE : Ebola en RDC ,Transparence financière, « approche villages » et « corridor de la paix » pour vaincre l’épidémie

Cinq mois après la réapparition de l’épidémie de virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) — la 17e de l’histoire du pays —, le Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, s’est entretenu avec la presse congolaise ce jeudi 14 octobre 2026.
Le Dr Kaseya a souligné un fait historique : pour la première fois depuis l’apparition des premières épidémies dans le pays, le gouvernement congolais a décaissé une somme majeure de 50 millions de dollars américains exclusivement dédiés à la riposte sanitaire.
Le scandale des fonds évaporés
Le patron de l’agence sanitaire africaine a toutefois jeté un pavé dans la mare concernant l’aide internationale. Sur plus de 900 millions de dollars octroyés aux ONG par les partenaires internationaux (dont la Banque mondiale et l’Union européenne), seuls 200 millions de dollars sont aujourd’hui traçables. Les 700 millions restants se sont volatilisés. Face à cette situation, Africa CDC tape du poing sur la table et exige une transparence totale, sous peine de rompre définitivement ses partenariats.
Documents scientifiques à l’appui, le Dr Kaseya a présenté un état des lieux de la gestion de cette crise. Sur les 200 millions de dollars tracés, la moitié a été utilisée sur le terrain, tandis que l’autre moitié est actuellement sécurisée en caisse. Cette démarche de redevabilité vise à éteindre les accusations d’affairisme — le phénomène dit de l’« Ebola Business » — et à garantir que chaque centime serve efficacement la lutte médicale.
L’« approche villages » pour briser la chaîne
Pour éradiquer définitivement le virus, le Dr Kaseya mise sur une stratégie communautaire baptisée « approche villages ». Elle consiste à responsabiliser directement les chefs locaux pour assurer un suivi rigoureux et quotidien des cas contacts.
Cette vigilance de proximité est jugée cruciale par le directeur général d’Africa CDC, qui rappelle la dangerosité de la maladie : « Ebola s’installe et se développe d’abord sans symptômes apparents ; seule une forte fièvre permet de donner l’alerte. »