Tension sociale au Centre financier de Kinshasa : les agents de l’IGTR au bord du désespoir réclament leur paie

Le Centre financier de Kinshasa a des airs de poudrière. Menée par son intersyndicale, les agents et cadres de l’Inspection Générale de la Territoriale (IGTR) ont envahi le ministère du Budget pour exprimer leur colère face à ce qu’ils qualifient de « manœuvres dilatoires » inacceptables.
Au cœur de la fronde : le report annoncé des paies complémentaires du troisième trimestre (T3) et du quatrième trimestre (T4) de l’exercice en cours vers l’année budgétaire 2027.

Pour le président et représentant des agents, surnommés avec détermination les « MayoKapa » entendez ” ceux qui ne plient pas face à l’injustice”, ce report pur et simple est perçu comme une hypocrisie institutionnelle intolérable.
Un accord partiel et des promesses en suspens
Le feuilleton remonte à plusieurs semaines. Après une première alerte au ministère des Finances, le grand argentier de l’État, Doudou Fwamba, avait pris la mesure de la détresse sociale des agents de l’IGTR. Une enveloppe de 1 milliard de francs congolais avait alors été identifiée pour solder les arriérés du T3 2026. Mais sur le terrain, la désillusion a vite remplacé l’espoir : seuls 500 millions de francs congolais ont finalement été exécutés, laissant l’autre moitié de l’enveloppe introuvable.
Aujourd’hui, alors que les mises à jour pour les paies du T3 et du T4 ont été régulièrement déposées, les agents se voient notifier un report des paiements à l’exercice suivant. Un calcul budgétaire que les bénéficiaires refusent net, la précarité ayant atteint un seuil critique.
L’ultimatum lancé à l’exécutif
Face à ce mur, le premier vice-président de l’intersyndicale de l’inspection générale de la Territoriale (IGTER) Merveil Kabinda Mbaya lance un cri d’alarme solennel adressé directement à la Première ministre, Judith Suminwa. Les syndicalistes rappellent que le Parlement, autorité budgétaire suprême, a déjà validé les crédits nécessaires.

Invoquant le décret n° 24/17 du 17 février 2024 portant réglementation des activités syndicales au sein de l’administration publique en RDC, le premier vice président de l’intersyndicale de l’IGTER demande l’implication personnelle de la cheffe du gouvernement pour siffler la fin de la récréation, et de convoquer dans l’immédiat les ministres concernés en l’occurrence Adolphe Muzito (Budget) et Doudou Fwamba (Finances) et d’ordonner le déblocage immédiat des fonds avant la fin du mois de novembre.
« Ventre affamé n’a point d’oreilles », avertit le premier vice président de l’IGTER Merveil Kabinda Mbaya, prévenant qu’un passage en force sur ce report social risquerait d’avoir des conséquences dramatiques au sein des bureaux de l’IGTR.
Les agents, fatigués de survivre dans le dénuement, en appellent au sens de l’humanité et des responsabilités de l’Exécutif national pour éviter l’irrémédiable.
Nico Kassanda