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Kinshasa sous le joug des géants de métal : l’édit Phanzu suffira-t-il à terrasser l’anarchie ?

24 octobre 2026
Kinshasa sous le joug des géants de métal : l’édit Phanzu suffira-t-il à terrasser l’anarchie ?

Lever les yeux à Kinshasa est devenu un exercice de haute voltige. Traverser la capitale congolaise impose aujourd’hui de slalomer entre des structures métalliques géantes, véritables monstres de fer dressés au mépris de la sécurité, de la décence et de l’esthétique urbaine.

‎Dans cette mégapole saturée, la pollution visuelle n’est plus une simple nuisance, c’est une agression quotidienne. Face à ce chaos devenu norme, l’Assemblée provinciale vient de poser un acte fort en déclarant recevable la proposition d’édit portée par le député provincial Jared Phanzu, élu de Bandalungwa.

Jared Phanzu, député provincial

‎Un texte qui ambitionne de terrasser, enfin, l’anarchie publicitaire.

Il y avait urgence. L’ancien cadre juridique, datant de décembre 2007, appartenait à une autre époque. Il s’est avéré totalement obsolète face à l’explosion sauvage des formats numériques, des écrans lumineux géants et des dispositifs interactifs qui vampirisent l’espace public. Mais au-delà du nécessaire embellissement de la ville, cette réforme s’attaque au cœur du système : l’argent. Elle vise la traçabilité et la mobilisation transparente des recettes publicitaires, un véritable nerf de la guerre pour des finances urbaines trop longtemps privées de leurs dus par des circuits opaques.
Pourtant, le plus dur reste à faire.

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‎L’histoire de Kinshasa est un cimetière de textes législatifs jamais appliqués. Réguler les dimensions ou l’emplacement des panneaux restera une lettre morte si l’on ne brise pas l’impunité de ceux qui les plantent.

‎Le véritable défi pour Jared Phanzu et ses collègues ne réside pas dans le vote d’une énième loi, mais dans la démonstration de sa force. L’autorité de l’État doit prouver qu’elle est plus lourde, plus solide et plus visible que le plus gigantesque des panneaux publicitaires.

‎Les Kinois attendent désormais de voir si le papier se transformera en actes, ou si la jungle urbaine continuera de dicter sa propre loi.

‎Nico Kassanda

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